ALASKAN HUSKY

Publié le par Dominique Grandjean

Afin de mieux connaître la race des chiens qui constituent notre chenil, je vous reproduis ci dessous avec son aimable autorisation, un extrait du livre de Dominique GRANDJEAN : "Les Chiens De Traîneaux - De La Peur Du Loup A L'Amour D'un Chien" (Edition Amphora 1987, collection Découverte- Loisir- Aventure) à propos de l'Alaskan Husky, "cet inconnu venu du froid" :

" Le nom de "Alaskan Husky" est réservé aux chiens de type nordique, vivant à l'origine en Alaska, et n'entrant pas dans le cadre des races nordiques enregistrées. Ces chiens ont pour seule caractéristique d'avoir été sélectionnés pour leur vitesse ou leur puissance, et toujours pour leur endurance à l'effort et aux conditions climatiques. "Ils n'entrent pas dans un standard morphologique de taille, poids, forme des oreilles, etc., mais dans un standard physiologique qui doit leur permettre de faire des efforts prolongés en conditions nordiques" précise notre ami le Dr Jacques Phillip.

Pour mieux comprendre ce qu'est l'Alaskan husky, il nous faut remonter dans le temps bien avant que l'on ne connaisse même l'existence du chien chukchi. De manière très schématique, 2 peuples occupent alors l'Alaska :

- les indiens Athabascans, qui migrèrent d'Asie voici 30 000 à 40 000 ans et s'installèrent dans la zone subartique de l'Amérique du Nord;

- les esquimaux, en provenance de Sibérie, et qui arrivèrent en Alaska il n'y a que quelques centaines d'années.

Ces peuples constituèrent 2 souches canines originelles :

- les "Eskimo Dogs" (chiens esquimaux), proches de nos chiens de race nordique

- les "Indian Dogs" (chiens indiens), dont l'origine réelle est pratiquement indéfinissable.

Malamute d'Alaska et husky de Sibérie ne firent leur apparition en Alaska que fort tard (...), et nombreux furent les éleveurs et les mushers à reconnaître leur efficacité. Il n'en reste pas moins que, face à ces différentes souches de chiens de traîneau de grande qualité, les conducteurs d'attelage alaskans se tournèrent vers un compromis qui devait leur permettre par croisements successifs, de déboucher sur le chien le plus rapide et le plus endurant qui existe actuellement au monde : l'Alaskan husky.

Néanmoins, s'il est vrai que certaines lignées d'Alaskan Huskies ont, pour une faible part et souvent plusieurs générations en arrière, du sang d'autres races non nordiques, il n'en est pas moins vrai que les croisements directs entre huskies et non nordiques ne devraient pas être appelés Alaskan Huskies.

En fait en Alaska, la majorité des mushers ne pratiquent pas ces croisements avec d'autres races mais croisent leurs Alaskan Huskies entre eux; il en résulte que si cette population canine se révèle plus hétérogène au plan génétique qu'une race comme le Husky de Sibérie, il est au moins un point pour lequel l'homogénéité est indéniable : l'aptitude à effectuer un travail prolongé en conditions extrèmes.

De plus il faut savoir qu'il existe déjà en Alaska un système de "pedigree" pour alaskan Huskies, d'un principe fondamentalement différent de celui qui régit nos races "classiques" : pour obtenir ce "certificat", les chiens ne doivent pas être issus de parents enregistrés, mais attester d'avoir pu terminer les championnats d'Amérique du Nord (courus à Fairbanks) à plus de 30 km/h de moyenne (3 manches de 32, 32 et 48 kms !). Pour chaque ascendant d'un chien on peut ainsi savoir dans quel attelage et quelle année il a couru, ce qui, si on se reporte aux résultats de course publiés par ailleurs, donne la valeur en course des ascendants. Dès lors pas de standard morphologique pour cet Alaskan Husky, qui conserve néanmoins une allure générale de chien nordique."

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