UN PRINCE AU PÔLE NORD

Publié le par Stéphanie

Vu dans Paris Match cette semaine (N°2970 du 20 au 26 avril 06) : Au terme d'un parcours de 150km, en traîneau, le prince a franchi à pied les derniers 50m. Dimanche 16 avril à 15h45 (heure française), Albert II plante les couleurs de Monaco au point zéro de la calotte glaciaire.

Son attelage de Alaskan Huskies lui a fait forte impression. Il les décrit comme "des animaux uniques. Même la plupart des athlètes de marathon ne leur tiendraient pas tête"

La meute des chiens sent l’approche du départ et s’impatiente. Un concert d’aboiements longs et stridents déchire le silence de la banquise. C’est l’appel du Grand Nord. La banquise immense s’ouvre à perte de vue. Le vent polaire souffle à 7m/s. La température est de –16°C. La caravane frémit sur la glace brillante. Et aussitôt le convoi s’élance dans une course silencieuse. Un bruit blanc succède aux hurlements des chiens. Seuls s’élèvent le murmure fourmillant des petites pattes sur la glace et le halètement des museaux soudain concentrés, épris de vitesse et grisés par le vent.

 

 

Quatre jours n’en font qu’un, long, patient, froid, blanc et silencieux. Tout au long de ces jours sans nuit, la progression du convoi se fait de façon assez constante, avec une moyenne de 20 kilomètres par jour vers le Nord, malgré les innombrables obstacles qui obligent à dévier la route ou à ralentir la marche : les « cracks », ces longues fissures sur des kilomètres, pareilles à des veines nEoires, larges de plusieurs mètres par endroits, qui laissent découvrir l’océan Arctique ; le vent qui soulève les neiges, compresse des blocs de glace et réduit toute visibilité ; les températures enfin qui oscillent entre –16°C et –25°C.

En moyenne, l'équipe effectue 8 à 10 h de traîneau par jour, avec une pause toutes les 2 heures. En fin de journée, le prince et ses sept complices dressent des tentes individuelles pour passer la nuit polaire. Tous ont suivi un stage en conditions quasi réelles en janvier dernier en Suède. "Mais il restait à vivre la solitude de la banquise et sa vastitude. Rien ne peut simuler ce sentiment mêlé d'infiniment grand et d'infiniment petit", dit le prince Albert au lendemain de son arrivée au pôle.

« Fouler la banquise c’est expérimenter une de nos meilleures raisons de vivre. A savoir : prendre soin de la planète, sauvegarder ce que notre civilisation s’ingénue aujourd’hui à détruire … Nous ne sommes plus à l’époque des pionniers et des découvreurs qui s’aventuraient sur des terres inconnues. Le voyage a changé de nature : il ne s’agit pas tant de découvrir de nouvelles terres que d’en prendre soin. » (…)

 

 

« En initiant cette expédition, en m’y engageant personnellement, je souhaite alerter les consciences et les gouvernements sur les dangers qui menacent, de façon effective à présent, la planète et ses habitants. Je souhaite avant tout sensibiliser l’opinion publique aux risques que représente à court termes le changement climatique et aux conséquences de la pollution industrielle dont l’impact est particulièrement sensible au pôle. Nous vivons dans un monde aux équilibres fragiles et la région arctique est la plus fragile de toutes. Si nous ne réagissons pas immédiatement, les scénarios les plus effrayants sont à redouter dans un avenir proche. Je m’engage en qualité de chef d’Etat et en tant qu’être humain, soucieux de l’avenir et de l’équilibre écologique de notre planète. »

Publié dans PRESSE

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