LE RECIT DE JESSIE - 1ère manche

Publié le par Stéphanie

J'espère qu'elle ne m'en voudra pas mais je ne peux résister au plaisir de vous donner ici la traduction du récit de Jessie Royer, jeune américaine talentueuse de 28 ans, gagnante de la Grande Odyssée 2005. Elle raconte sur sa page web comment elle a vécu la course. Je voulais lui demander son autorisation pour publier ce texte mais mon message n'a pas du partir car il est resté sans réponse à ce jour ...

(…)  Je me suis rendue au Montana en décembre dernier dans les montagnes pour habituer mes chiens au temps plus chaud et ça a payé !  Les chiens ont été extras.  (…) J’ai quitté le Montana le 2 janvier et j’ai roulé avec mes chiens jusqu’à Chicago (environ 1500 milles).  Le règlement de la course m’autorisait 14 chiens.  Ils ont été chargés sur un vol cargo d'Air France vers la France.  5 autres équipes partaient également de Chicago - deux d'Alaska, une du Canada, et deux des 48 inférieurs.  C'était un long vol - environ 8 heures.  Une fois arrivés nous devions passer la douane.  Nous étions à l'aéroport presque 14 heures avant les chiens.  J'étais très excitée d’être à Paris mais j'ai dû passer toute la journée à l'aéroport au lieu de voir la ville !  Quand les chiens sont finalement arrivés (ils étaient sur un vol différent), de nombreux médias les attendaient.  Les officiels de la course m’ont demandé si je voulais aller me maquiller parce qu'il allait y avoir beaucoup d'appareils photo à l’arrivée des chiens.  J'ai ri car je ne porte jamais de maquillage - pourquoi commencer maintenant ?  Quoi qu'il en soit il y avait tant d'appareils photo qu'il était difficile d’arriver jusqu’aux chiens.  Et les chiens étaient impatients de sortir.  Ils étaient restés enfermés pendant presque 20 heures !  Chaque musher a reçu un fourgon spécialement pour transporter les chiens et le matériel. C’était de très chouettes fourgons tout neufs prêtés par un sponsor de la course.  Jolie fantaisie! 

 

 

Le lendemain, nous nous sommes tous mis en route pour Avoriaz à environ 400 milles de distance.  C'est de là que commencerait la 1ère étape de la course.  Quel endroit !  Avoriaz est une magnifique station de sports d'hiver au sommet des Alpes.  La vue était absolument étonnante, le temps parfait avec le ciel bleu tout le temps que nous étions là.

 

 

Le lendemain de notre arrivée, il y avait des cérémonies d'ouverture pour présenter tous les mushers.  Environ 10 à 15 000 personnes ont accueilli les 18 mushers et leurs chiens venant de 8 pays différents.  Il y eu une descente aux flambeaux avec 200 skieurs qui sont descendus jusqu’en bas de la montagne en portant des torches en un long cortège.  Ceci a été suivi d'un grand feu d'artifice.  C’est sûr, les français savent organiser de grands spectacles ! 

 

 

Le jour suivant il était temps de devenir sérieux et de commencer la course! 

À 16h30, les équipages se sont élancés à 2 minutes d’intervalle.  Il y avait 30 miles à parcourir jusqu’au premier point de contrôle.  Wow !  C'était 30 miles durs.  Je savais que les Alpes ne seraient pas faciles mais dès la 1ère étape, j’ai compris pourquoi ! Je peux maintenant dire que j'ai skié dans les Alpes...... avec une équipe de chiens !  Quelques endroits étaient si raides et longs que j'ai pensé que mes poumons allaient éclater pendant que je courais derrière le traîneau.  Et une fois le sommet atteint, la descente de l’autre côté était effrayante ! Juste avant le point de contrôle, nous sommes arrivés à un petit village et la piste passait tout droit sur une rue pavée!  J'ai eu du mal à tenir les chiens.  Je commençais à me demander si j'étais sur la bonne route. J’ai essayé de demander aux habitants si je me trouvais au bon endroit.  J'ai rapidement compris quel serait le prochain plus grand obstacle dans la course.  Je ne pouvais pas parler français et ils ne pouvaient pas parler anglais.  Inutile de dire qu’ils ne me furent d’aucune aide.  J'ai continué le long du trottoir et j’ai  finalement rejoins une piste balisée.  Oui !  J'étais la 1ère au point de contrôle.  Il y avait là beaucoup de monde et de la musique forte!  J'étais inquiète de savoir si les chiens pourraient se reposer avec tout ce bruit.  Heureusement les organisateurs nous ont laissé mettre certains des chiens dans les fourgons.  L’étape suivante était de 35 milles et puisque j'étais arrivée la 1ère, je repartais la première au bout de seulement 3 heures de repos et avec seulement quelques chiens frais dans l'équipe (nous pouvions faire tourner des chiens dans cette course).  Cette étape devait être plus facile et moins raide.  Hum ! Il n’y a rien de plat dans les Alpes !  Avec seulement 8 chiens dans l'équipe j'ai couru beaucoup.  Nous avons sans doute gravi tous les sommets qui se trouvaient alentour …  Il y avait des endroits où je me suis dit que j’échangerais bien mes chiens pour une équipe de chèvres!  Cette course est définitivement l’une des plus techniques de toutes celles auxquelles j’ai pu participer.  Nous avons traversé des ponts au dessus de chutes d'eau avec des virages si pointus (180 degrés ou plus) que les chiens pouvaient penser que le traîneau derrière eux avait disparu.  Et ces virages en épingles à cheveux étaient sur des pentes si abruptes que si les chiens rataient la boucle, ils se retrouvaient à courir presque sur une falaise. Prendre de tels virage n’était pas tâche aisée avec un traîneau ! C’était la nuit, je devais courir avec ma frontale et tant que j’étais en tête, il n’y avait aucune trace que je puisse suivre. La piste était très peu balisée et j’ai du m’arrêter pour chercher les balises. Après presque 4 heures de course nous avons finalement atteint le point de contrôle.... très fatigués.  Le programme de course prévoyait que nous repartions seulement 3 heures après.  Aucune des autres équipes n'était arrivée.  C’est seulement presque 1 heure après moi que l’équipe suivante est arrivée.  Les officiels ont décidé de stopper la course.  Il devenait évident que le programme qu'ils avaient projeté pour nous n'étaient pas réalisable.  Environ 5 des 18 équipes se sont perdues sur le parcours en raison du manque de balises.  Les temps de cette étape ont finalement été annulés en raison des mushers perdus.  J'ai été très déçue car j'avais travaillé très dur pour trouver le parcours et j’avais réussi à le suivre.  Je pense que trouver et rester sur le parcours fait partie de la course.  J’avais pris beaucoup d’avance sur le second mais cet avantage a été perdu en raison de cette étape annulée. 

 

 

En raison du manque de neige, la dernière partie de cette première manche a aussi du être annulée.  Cette partie était réputée plus dure que ce que nous avions déjà fait. Non merci ! Si c’était plus dur, je ne voulais pas voir ça. Les organisateurs ont dû réorganiser et repenser la course en fonction des conditions météo.  Le jour suivant nous avons couru une étape très courte de seulement 4 milles.  Elle était toute en montée sur une piste très glacée.  Nous pouvions monter mais pas descendre.  La solution?  Aucun problème –chargez simplement les chiens dans une cabine pour redescendre !  C'était intéressant.  Nos handlers nous attendaient en haut et nous avons chacun pris 3 chiens dans une cabine pour redescendre.  Ces chiens allaient beaucoup voyager jusqu’à la fin de la course.

 

 

Après ça, nous avons couru 3 étapes supplémentaires sur les mêmes pistes que celles que nous avions déjà parcourues avec quelques nouveautés.  Lors de la 5ème étape, la course est passée dans un endroit incroyable!  Je n'aurais jamais pensé qu’il était possible de faire passer une équipe de chiens par là !  Je souhaitais définitivement courir avec une équipe de chèvres à ce moment là. Mon team de 8 chiens a fait du super boulot. Après beaucoup d’efforts, nous avons fini par atteindre le sommet.  A ce moment là mon traîneau montait toujours tandis que mes chiens commençaient à disparaître de l’autre côté.  Oh boy !  Lorsque j’ai volé au dessus du sommet, mon pied s’est pris sous le tapis de frein et ma jambe traînait sous le traîneau tandis que nous dévalions cette pente très raide. J’ai finalement réussi à arrêter l’attelage et à remonter sur le traîneau sans trop d’ennuis.  Ensuite il a fallu s’accrocher jusqu’en bas !  Là toutes les équipes ont dû s'arrêter pour environ une heure et demi jusqu'à l’arrêt des remontées mécaniques. Qu’est ce que tout cela pouvait bien signifier ? La dernière moitié de la 5ème étape était sur des descentes de ski.  Je me suis dis que c'était une course de traîneau pas une descente de ski !  Finalement je préférais grimper vers les sommets que dévaler vers les vallées car là au moins je ne me disais pas que j’allais mourir avant la fin.

 

 

La 6ème étape était la dernière de la 1ère manche.  C'était une étape courte qui finissait dans la station de ski d’Avoriaz.  C'était un beau jour dehors, ciel bleu, peut-être un peu trop chaud mais vous ne pouviez pas rêver une meilleure fin surtout avec tous ces sommets impressionnants nous entourant tandis que nous franchissions la ligne d'arrivée.  Pendant cette première moitié nous avons traversé plusieurs stations de sports d'hiver dont quelques unes en Suisse.  Je me suis sentie très chanceuse d’avoir été invitée à participer à cette course. Quelle belle course. En plus j’étais toujours en tête après 6 étapes et presque 150 milles et mes chiens travaillaient vraiment bien.  Ils étaient si forts en côte que pas une équipe dans la course ne pouvait les atteindre.  Nous avons passé toutes les équipes dans les montagnes.  Je dois dire que j'ai vraiment aimé ce sentiment de puissance!  Puissance des chiens bien sûr !  Même après toutes ces étapes, mes chiens semblaient n’avoir encore rien fait.  Un journaliste m’a demandé après la première moitié si je pensais que je pourrais tenir le rythme et ce que je souhaitais dire aux autres participants qui essayaient de me rattraper ? Ma réponse ? Bonne chance, ils vont en avoir besoin !

Publié dans LES COURSES

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philippe Virginie 29/11/2009 16:38


Bonjour à Vous Deux et à Vos Chiens..........

Comment Allez-Vous ? J'Espère Bien et Les Chiens...........

Je Lisais Vos Premiers Articles................

Le Récit de Jessie est Assez Bon et L'Article très Sympa !!!!

On Peut Comprendre La Passion de Ces Personnes avec Leurs Chiens........

J'Espère Que Vos entraînements se Passent BIEN.......... pour Vous et Les chiens............

Le Site de Vos Ami(e)s est Bien; Beaucoups Articles différents...........

Sled-Dog-Molinier.over-blog.Fr


Je vous Souhaite à Vous Deux et aux Chiens.........Un Bon Week-End........

Bises...............à vous et aux Chiens

Virginie.