13 DECEMBRE : LE SON DU SILENCE

Publié le par Sled Dog Montagne Noire

Finnmark 2015

Finnmark 2015

Traduction de l'article de Marit Beate Kasin (chenil Vinterdans)

Le bruit du silence

Le traineau longue distance offre 4 éléments auxquels j'accorde beaucoup de prix : la liberté, le grand air, la nature et le silence. C’est une combinaison unique entre les hommes, les animaux et la nature qui travaillent ensemble et le silence est notre langage commun.

C’est le silence vivant et lent qui est notre richesse. L’état proche de la méditation ressenti en traîneau au milieu des espaces sauvages et blancs, où tu as le temps et la sérénité pour écouter, respirer profondément et laisser tes sens s’éveiller à nouveau. Pour moi le silence est un état, l’absence des parasites et des bruits qui ne font pas partie de la nature.

En 2015, j’ai vécu une expérience marquante de silence. C’était à la fin de la longue Finnmarksløpet. Les chiens et moi avions été dehors nuit et jour depuis presque 5 jours et le vent avait soufflé avec violence depuis le début de la course. Alors que nous nous apprêtions à quitter l’un des derniers checkpoints en direction des montagnes entre Sirma et Levajok, le directeur de course est venu me voir pour me dire que la météo était si mauvaise dans les montagnes que les gens étaient immobilisés dans leurs sacs de tempête et ne trouvaient plus la piste. Nous étions seuls, m’a-t-il dit, car personne ne pourrait venir nous secourir en scooter dans ces conditions.

J’avais donc 2 choix : abandonner sans même essayer, ou bien croire en moi et mes chiens. J’ai fait le second choix et j’ai mobilisé toute mon énergie et ma force pour franchir cette étape à travers la montagne. Nous rencontrâmes un mur de vent, les piquets de balise étaient soufflés et la trace en partie effacée, mais au milieu de ce chaos infernal, il y avait une poche de calme. Toutes les pensées parasites et les émotions se sont envolées. Une seule chose comptait : traverser la tempête et franchir la montagne. Ce fût un silence et un calme intérieur absolus qui m’indiquèrent le chemin intérieur vers une inépuisable source de force. Une puissance originelle où les chiens, la nature et moi ne faisions plus qu’un et où nous vibrions au rythme infini de l’univers. C’est cela qui fait le prix du silence. Il nous laisse aller à la rencontre de nous-même, nous ancre et nous change en même temps.

« Le silence te laisse entendre la vie qui brûle en toi comme le murmure de la flamme sur une bougie », comme l’a écrit le poète Hans Børli.

Marit Beate Kasin, journaliste et musher, Valdresmagasinet 6/2016

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roro 14/12/2016 00:25

...

il n'y a rien à dire ... qu'à écouter ..le silence ..